Les demandes de refonte d’identité commencent presque toujours par les mêmes points : le logo a vieilli, les couleurs ne conviennent plus, la typographie fait daté. Ces observations sont souvent exactes. Elles arrivent trop tôt.
Ce que recouvre une identité graphique
L’ensemble des éléments visuels qui distinguent une entreprise : logo, palette, typographie, mise en page, traitement des images. Pris ensemble et appliqués avec constance, ils construisent une reconnaissance. Pris séparément, ils ne construisent rien.
Ce que les exemples célèbres démontrent réellement
On cite toujours les mêmes marques pour prouver la puissance d’une identité forte, et l’on en tire généralement la mauvaise conclusion. Ce qui rend ces identités reconnaissables n’est pas leur qualité graphique — c’est leur constance sur des décennies, et le fait qu’elles traduisent une position que l’entreprise tient réellement.
Une identité cohérente appliquée à un positionnement flou produit un flou parfaitement cohérent.
L’identité est une conséquence
Une entreprise positionnée sur la durabilité adoptera des codes visuels qui l’expriment. L’inverse ne fonctionne pas : adopter ces codes ne rend pas une entreprise durable, et l’écart entre ce que l’image promet et ce que l’entreprise fait finit toujours par se voir. Il se paie alors plus cher que l’absence d’identité.
L’ordre qui fonctionne
- Trancher le positionnement : ce que vous êtes, pour qui, et ce que vous cessez d’adresser
- En déduire les codes : ce que cette position autorise, et surtout ce qu’elle interdit
- Décliner avec constance, sur tous les supports, longtemps
Mené dans cet ordre, le travail graphique va vite : l’essentiel des arbitrages a déjà été rendu. Mené dans l’autre sens, il s’éternise en allers-retours sur des nuances — signe qu’on discute d’esthétique faute d’avoir tranché la stratégie.