Analyse

Refonte de site : pourquoi la plupart ne changent rien

On refait un site pour régler un problème que le site n’a jamais causé.

Le budget est voté, le prestataire retenu, le projet mené proprement. Le nouveau site est plus rapide, plus lisible, incontestablement plus beau. Six mois plus tard, les demandes entrantes n’ont pas bougé.

Ce scénario est si fréquent qu’il mérite d’être expliqué autrement que par une mauvaise exécution. Le projet a réussi. C’est la question posée qui était la mauvaise.

Ce qu’une refonte règle réellement

  • un site techniquement obsolète, coûteux à maintenir
  • un affichage illisible sur mobile
  • une mise à jour impossible sans passer par un prestataire
  • des temps de chargement qui font partir les visiteurs
  • une image datée, en décalage avec le niveau de l’entreprise

Ces problèmes sont réels, et une refonte les règle durablement. On remarquera seulement qu’aucun d’entre eux n’explique un manque de demande.

Ce qu’elle ne règle pas

Si les visiteurs ne comprennent pas en dix secondes ce que vous vendez et à qui, un site plus rapide leur permettra simplement de ne pas comprendre plus vite. La refonte améliore le véhicule ; elle ne modifie pas le message qu’il transporte.

Un site refait ne dit pas mieux ce que l’entreprise n’a pas décidé de dire.

C’est aussi vrai des chiffres : on optimise un taux de conversion sur une proposition qui, elle, n’a jamais été arbitrée. Le gain est réel mais marginal, et il plafonne vite.

Les quatre questions à trancher avant

  • À qui s’adresse-t-on en priorité — pas « à tous ceux que cela peut intéresser ».
  • Qu’est-ce qu’on cesse d’adresser. Un positionnement se mesure à ce qu’il fait renoncer.
  • Quelle action attend-on du visiteur, et une seule.
  • À quoi saura-t-on que cela fonctionne, avant d’avoir dépensé le budget.

Ces quatre réponses tiennent en une page. Elles prennent rarement moins de trois semaines à obtenir, parce qu’elles supposent des arbitrages que personne n’a envie de rendre.

Le bon ordre coûte moins cher

Mené dans cet ordre, le projet web va plus vite : l’essentiel des décisions a déjà été pris, et les allers-retours sur les maquettes disparaissent. Mené dans l’autre sens, il s’éternise en discussions esthétiques — signe qu’on arbitre des couleurs faute d’avoir arbitré la stratégie.


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